Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Scottish Adventures - Mes péripéties écossaises

Bonne pioche

6 Novembre 2013, 13:46pm

Publié par Adèle

 

 

Parfois, c'est la disette culturelle (dans ce monde sans merci, etc., etc.), et parfois on tombe sur des pépites qui, en plus de vous permettre de briller en société, vous font réfléchir et rêver en même temps. J'ai eu de la chance : la semaine dernière, j'en ai trouvé deux !

 

 

Léonard de Vinci et la mécanique humaine (Queen's Gallery, Hollyrood Palace)


Sur le papier, comme ça, on ne penserait qu'une exposition de planches anatomiques pourrait être aussi émouvante que certains tableaux impressionnistes, et pourtant : quand c'est Léonard qui s'y colle, ça change tout. Difficile de dire si c'est l'histoire de ces dessins et leur ancienneté qui en fait des œuvres d'art à part entière. Il y a dans la minutie des croquis, dans la finesse d'exécution, quelque chose qui rend émouvants même ceux dépeignant les aspects les plus triviaux de l'anatomie humaine. Dans la marge, De Vinci a griffoné des notes en écriture spéculaire, de droite à gauche. Les traits à la plume sur le papier jauni frémissent de sensibilité ; le chaînon manquant entre l'art et la science.

 

crane.jpg

 

919009_262800_ORI_2_0.jpg

 

 

919002 262790 ORI 2

 

Dès 1510, De Vinci observe, dissèque et scrute à l'infini le corps humain pour découvrir ses mécanismes. Il est fasciné par les articulations, le mouvement, l'imbrication et la torsion des membres. Le résultat de ses trouvailles, éparpillé dans des carnets oubliés, ne sera redécouvert entièrement qu'à partir de 1900. S'ils avaient été découvert plus tôt, nuls doute qu'ils auraient révolutionné la médecine avant l'heure.


Les conservateurs ont eu la bonne idée de mettre en parallèle ces dessins du 16ème siècle avec des images numériques de la médecine moderne. La précision est époustouflante pour l'époque. La représentation de la colonne vertébrale est absolument identique, jusque dans sa courbure, aux images modernes obtenues par le truchement d'appareil ultra-perfectionnés. Sacré Léonard !

 

 

24caf0ab6fa0eaed9e0e3991f5cfb388.jpg

L'une des planches les plus marquantes de l'exposition : à partir d'une dissection bovine, De Vinci imagine la position du foetus humain dans le ventre et, encore une fois, tombe presque dans le mille, avec quelques siècles d'avance sur l'ultrason.

 


Dragon (compagnie Vox Motus, National Theatre of Scotland)


Si vous avez déjà eu l'infortune de vous retrouver assis près de Tata Josée au réveillon et de subir moult considérations sur le tricot ou la météo, vous saurez que certaines personnes parlent pour ne rien dire. Dragon, c'est tout le contraire : une histoire sans paroles qui en dit long, grâce à la magie des images et le coup de pouce des marionnettistes. Dragon raconte l'histoire de Tommy, un adolescent qui, après la mort de sa mère, se sent seul au monde, entre un père qu'il ne comprend plus et les tracas habituels de l'âge boutonneux. Jusqu'à ce qu'un dragon lui apparaisse, un dragon que lui seul peut voir et qui lui sert de rempart contre le monde extérieur. Seulement Tommy se laisse peu à peu envahir par son emprise...


On dirait le résumé d'un roman pour ados, et pourtant dans la salle comble, les spectateurs ont de 7 à 77 ans. Peu importe l'âge pour apprécier cette fable moderne : il suffit d'ouvrir grand les yeux et les oreilles. Mais chut ! J'en ai déjà trop dit.

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

NUT 07/11/2013 21:32

waw encore un de ces articles ciselé : y aurait-il du léonard dans ta prose?
ça donne envie ces qq images du spectacle : ils passent en France

merci de nous faire partager tes émotions!