Franglish love – Une escapade à Guernesey
St Peter Port, la capitale
Territoire d’exil de Victor Hugo, la jolie île de Guernesey a été ballotée entre la France et l’Angleterre au cours des siècles, et ça se voit. À mon arrivée, j’ai d’abord ricané en lisant la pancarte ci-dessous, pensant à une mauvaise traduction ou à un stagiaire québécois...
Mais non ! Ces formulations un peu étranges, c'est l'influence du patois local tombé en désuétude, le guernesiais, ou normand de Guernesey. Au détour d’une rue, d’un magasin, d’un panneau, le français n’est jamais très loin. Ce qui donne lieu à des combinaisons linguistiques plus ou moins improbables qui feraient frémir l’Académie française, et qui pourtant donnent à l’île toute son identité. On en perd son latin, son français, son anglais, on mélange le tout, on touille et on recommence !
Ci-dessous, quelques "guernésismes" savoureux...
A la perchoine, mon bon monsieur !
Allez les Bleus ALLEEEEEEZ !!!
Et la marmotte...
...Vous reprendrez bien un Viandox ?
Le raffinement à la française : un urinoir traditionnel parisien
Ci-dessous : Statue de Victor Hugo dans Candie Gardens,
et l'opulent intérieur de sa maison au 38 Hauteville
En 1855, notre Victor Hugo national s’installait dans cette belle île sans piper un mot d'anglais, ce qui manifestement ne posait pas beaucoup problème à l’époque. Aujourd’hui, il serait sans doute obligé de s’atteler bien studieusement à « L’anglais pour les nuls » pour espérer pouvoir s’intégrer ; heureusement, les locaux sont plutôt très accueillants envers les visiteurs français, et sont toujours prêts à vous renseigner de bon cœur en français, anglais ou par mime selon le degré de compétence linguistique des interlocuteurs.
Ou, au choix, The Little Dauphin
Déchirée entre Shakespeare et Molière, Guernesey, c’est le best of both worlds : la prévenance affable des Britanniques, un amour tout français pour la bonne chère, des portions de nourriture à faire s’étouffer un rugbyman, et le dépaysement malgré tout, dans ce petit bout de terre à part qui déroute, interpelle et ne ressemble jamais exactement à ce qu’on connait déjà. Comme ce portrait plutôt approximatif de l'écrivain sur une enseigne de boulangerie...
Les jolies trouvailles ne manquent pas pour quiconque prend le temps de flâner et d'aller chercher l'émerveillement dans les détails. Ci-dessous, une invitation à la rêverie dans le parc à sculptures de Saumarez Manor.
Pour le plaisir de se perdre dans les « ruettes » (ruelles), pour se laisser surprendre par les curiosités des pignons et des noms de rue, pour le mélange improbable des langues, pour ses recoins cachés, pour ses fameux sandwichs au crabe et pour l’accueil des locaux, on reviendra à Guernesey.
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