Plus belle ma ville*
Cher lecteur, NON, je ne t’ai abandonné. J’ai simplement une vie trépidante qui me ferait presque délaisser ma vie virtuelle (mais que mes amis se rassurent, je passe quand même une bonne partie de mes journées vissée devant l’écran de mon ordi à boire du thé premier prix).
Comme, en plus de ça, je refuse de sacrifier ma vie sociale et mes sorties culturelles, je me découvre des ressources absolument insoupçonnées (comme la capacité de bosser sur une traduction environ 12h d’affilée parce que c’est dimanche et qu’on doit la rendre le lendemain à l’éditeur et que la veille on n’a rien trouvé de mieux à faire que d’aller au théâtre plutôt que de bosser……..). Il y a quand même des fois où j’ai l’impression d’être en brasse coulée, mais j’arrive toujours à remonter à la surface au dernier moment (et tant que l’éditeur est content, ma bonne dame…). En ce moment, le travail ne manque pas et, surtout, les missions varient : un jour, je pose en robe de mariée pour un cours de peinture, et deux semaines plus tard je me rends dans un manoir dans les Highlands écossais en mission d’interprétariat anglais-français pour une célèbre marque de whisky… Côté traductions, les bouquins s’enchaînent et ne se ressemblent pas : après le récit/témoignage de janvier (publié fin mars, le résultat est ici les gens), j’ai enchaîné avec un livre de recettes de décoration culinaire, et jusqu’à mi-mai me voilà plongée dans un bouquin sur les théories du complot. La diversité, y’a que ça de vrai.
Mais au fait, je ne vous ai toujours pas présenté mon appartement ! J’habite depuis le début de l’année dans le quartier de Stockbridge, un ancien village qui fut aggloméré à Edimbourg lorsque la ville s’étendit. Un quartier tout mignon, plein de boutiques pittoresques et de petites épiceries sympas, et surtout à deux pas du parc d’Inverleith qui offre un des plus beaux panoramas de la ville :

C’est-y pas beau, ça, mes gueux ?!
(En vrai, la vue est encore bien plus belle et on voit tous les meilleurs points de la ville : le château, Hollyrood Park, les archives nationales et les flèches de la cathédrale St Mary)
J’habite depuis déjà dix mois à Edimbourg, et malgré ça je n’ai pas fini d’explorer la ville. Avec l’hiver, puis le travail qui s’est accumulé, mes sorties se sont réduites et j’ai hâte de pouvoir profiter des premiers rayons de soleil pour passer plus de temps à l’extérieur. Une belle journée d’avril, il y a quelques semaines, m’a déjà permis de randonner à nouveau jusqu’à Arthur Seat, le point culminant de la ville dans Hollyrood Park. On ne s’en lasse pas !
Arthur's Seat, Holyrood Park
Ci-dessous, Blackford Hill, l’un de mes endroits préférés de la ville. Un point de vue magnifique, moins connu que Arthur’s Seat (qu’on aperçoit justement très bien depuis Blackford Hill), donc moins fréquenté, et pour lequel j’ai un petit faible. Après une séance pour un cours de dessin, j’ai été m’installer en haut de la colline pour croquer le paysage pendant environ deux heures (le temps d’avoir les doigts de pied complètement gelés quand on se relève). Ci-dessous, des photos de Blackford Hill et mon croquis au feutre.

J’ai aussi investi dans un guide des cimetières de la ville (arrêtez de me regarder bizarrement…) que j’ai hâte de mettre à profit pour découvrir une autre facette d’Edimbourg. Et croyez-le ou non, chez nous, on a de très jolis cimetières ! Celui des Greyfriars est aussi célèbre pour être la demeure du poltergeist McKenzie, le cas de poltergeist le plus documenté au monde ! (car j’ai oublié de préciser qu’Edimbourg, c’est aussi la ville idéale pour ceux qui, comme moi, sont un peu bizarres et raffolent des visites de souterrains hantés ou d’histoires effrayantes sur les revenants de la ville…). En fait, l’histoire d’Edimbourg se prête tellement bien aux mystères qu’un « festival hanté » est même organisé tous les ans. Au programme : visites guidées dans les voûtes souterraines de la ville, initiations à la chasse aux fantômes, visites à thèmes de la ville (entre autres sur Burke et Hare, des déterreurs de cadavres un peu trop zélés du 19ème siècle), séances médiumniques, conférences sur les manifestations de fantômes, etc. En mars, j’assiste à quelques événements, plutôt divertissements que convaincants pour certains (vigile dans les voûtes « hantées » jusqu’à une heure du matin avec un autre groupe de curieux et une équipe de « chasseurs de fantômes »), d’autres vraiment troublants (la soirée médiumnique en public). Quelques semaines plus tôt, j’avais aussi effectué une visite guidée des fameuses « voûtes » d’Edimbourg, réputées hantées. Edimbourg a été construite sur une butte et, à mesure que la population a augmenté, le logement est devenu un tel problème que les plus pauvres se sont entassés dans ce qui est devenu la ville souterraine. Certains de ces endroits sont maintenant ouverts au public. Autant vous dire que les voûtes souterraines (redécouvertes il y a peu totalement par hasard) sont plutôt oppressantes et que, quand on imagine le calvaire des personnes qui y ont réellement vécu, c’est d’autant plus angoissant. Reste qu'elles sont pour moi l’un des aspects les plus passionnants de la ville. Vivement la prochaine soirée d’exploration dans les souterrains à la lampe-torche avec d’autres illuminés !
Côté art, j’ai déjà découvert deux peintres/illustratrices écossaises qui me plaisent beaucoup : Kelly Stewart (http://www.skellydesigns.com/gallery.htm) et ses superbes représentations biscornues d’Edimbourg et Catherine Rayner (http://www.catherinerayner.co.uk/index2.php?page=sketchbook.htm) qui écrit et illustre des livres pour enfants pleins de charme.
Je suis, en revanche, un peu déçue par la dernière exposition d’art moderne de la Royal Scottish Academy, dont l’expo contemporaine de décembre m’avait fait une excellente impression. La dernière en date, sur les nouveaux artistes contemporains écossais, est plus abstraite, plus « audacieuse » que celle de décembre mais, justement, elle manque un peu de l’humilité et de l’humour qui m’avaient plu lors de l’autre exposition. On a parfois l’impression que, maintenant, il faut avoir plus de cran pour « oser » l’art figuratif que pour produire un machin abstrait qui n’a pas grand-chose à dire mais que personne n’osera critiquer parce que l’art abstrait, ça fait bien…
Ah oui, et puis comme je trouvais quand même qu’avec tout ça j’avais trop de temps libre, me suis inscrite aux cours de danse classique. Pour l’instant, j’ai loin d’avoir la grâce d’un cygne, mais donnez-moi quelques mois et je vous ferai des pirouettes dans tous les sens…
Et je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Edim, ce n’est pas juste des beaux parcs et des sorties hautement culturelles. C’est aussi…
des « voleurs de bicyclette » qui s'affichent fièrement sur la rue (attention ! peinture fraîche !)
… et un centre de rescousse aux chats accolé à une boutique coquine « cuir et dentelles ».
Sur ce, les gens, je vous laisse méditer.
* Spéciale dédicace pour toi, Claire…
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