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Leçon n°2: Identification des victimes
Non, identifier un cadavre n’est pas forcément simple. Premièrement, les morts ont une fâcheuse tendance à ne pas être bien bavards, et deuxièmement, ceux qui ont eu la malchance de succomber par accident n’avaient pas forcément pensé à prendre leur carte d’identité pour faciliter le travail des enquêteurs... Et, science ou non, dès qu’il s’agit de l’apparence, on tombe dans une zone un peu floue où les paramètres ne sont pas forcément précis ni objectifs. En état de choc, même les proches d’une victime sont susceptibles de mal reconnaître le corps. Comment être certain de l’identité d’une victime ? Pour identifier un cadavre inconnu, il existe plusieurs moyens dont les fans de séries policières seront déjà familiers. Mais l’ADN, qui a souvent réponse à tout à la télé, n’est utilisable que si on possède déjà quelque part une empreinte ADN de la personne afin d’effectuer une comparaison... Lorsque la victime est un illustre inconnu, il faut trouver d’autres angles de recherche, entre autres :
- la dentition, un des meilleurs moyens d’évaluer l’âge du défunt. Saviez-vous qu’à partir d’une mâchoire complète, les experts légistes peuvent déjà déduire une grande partie des données sur la victime sans avoir besoin du reste du squelette ?
- recouper les critères « immuables » (marques de naissances, cicatrices, piercings ...) avec les critères changeants (maquillage, papiers, vêtements...), sachant que ces derniers ne sont pas toujours fiables, alors que les premiers le sont
- la reconstruction faciale à partir de la forme du crâne, qui, comme l’ADN, semble surtout efficace si on possède déjà une photo, et qu'on a une idée préalable de la ou les victimes possibles, pour comparer entre autres l’écartement des traits du visage et permettre d’établir un rapprochement avec l’apparence supposée de la personne. Rien d’aussi sophistiqué que le fameux « Angelator » de Bones, qui permet d’obtenir à partir d’un squelette une image hologramme 3-D interactive et de vous calculer l’angle de tir d’une balle en deux temps trois mouvements. Mais qui sait ce que la technologie nous réserve à l’avenir !
Surtout, n’oubliez pas que les apparences sont trompeuses : le squelette d’une adolescente, retrouvé encore habillé, resta non identifié pendant plusieurs dizaines d’années, jusqu’à ce qu’une équipe de légistes rouvrent le dossier et en concluent qu’il s’agissait en fait... d’une femme de soixante ans. Lors du premier examen, le médecin légiste avait conclu à un corps d’adolescente... en s’appuyant sur le fait que la victime portait un jean moulant et un string en dentelle ! Finalement, une fois l’âge véritable établi, notre sémillante vieille dame put enfin retrouver, à titre posthume, son identité et sa dignité. Voilà une leçon originale contre les préjugés !
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