La fausse bonne idée du jour
Ça m’apprendra à faire œuvre de soutien patriotique. J’aurais dû me méfier un peu plus quand on m’a proposé d’aller voir THE film tricolore du moment, Les petits mouchoirs de Guillaume Canet (la bonne nouvelle, c’est qu’avec ma carte d’étudiante en formation continue des Beaux-Arts, je gratte des réducs étudiantes à tout va, et comme il n’y a pas de date d’expiration, je peux continuer à l’utiliser tant que je ressemble toujours à ma photo).
Résumé du film : Jean Dujardin se mange un poids-lourd sur le boulevard. Marion Cotillard pleure. Tout le monde à la mer (sauf Jean Dujardin, dans le pâté à l’hôpital). Les fouines (les initiés comprendront – pour les autres, que ça ne vous incite pas à aller voir le film). Marion Cotillard pleure. Variations sur le thème du « Moi je » (durée approximative : 2h17). Jean Dujardin succombe. Marion Cotillard pleure. Fin.
La grande conclusion quand les lumières se rallument, c’est que les Français parlent trop. Je m’abstiens d’ouvrir la bouche jusqu’à être sortie du cinéma – évitons d’être associée aux personnages parisiens frustrés qui ont braillé pendant tout le film. Je comprends bien le concept des « petits défauts attachants » mais là, c’est moi ou ils sont tous carrément antipathiques ? Dans le concept, Les petits mouchoirs est une célébration de l’amitié. Mais difficile de réconcilier cette notion avec le fait de devoir subir les préoccupations existentielles d’une galerie d’individus médiocres qui passent leur temps à râler ou à se tirer dans les pattes. Le thème des relations humaines est traité avec la subtilité d'un parpaing de 14. Le fil rouge comique de l’histoire est à peu près aussi novateur que le coup des tartes à la crème et le final mise tout sur le fait que la salle va pleurer en voyant le pote de la bande finir les pieds devant. Oui mais. Quand on n’a vu un personnage pas plus de trois minutes en tout et pour tout dans un film de 2h30, comment dire, on s’en fiche un peu qu’il meure à la fin. Non ?
Les petits mouchoirs, c’est « much ado about nothing » comme dirait un copain. Guillaume Canet, rends-moi les 2h30 de ma vie que j’ai gaspillées en allant voir ton film. En attendant le remboursement, moi, je rallume la BBC.
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