A bord du Jacobite
C’était pas fait exprès mais ça tombe bien quand même : pour fêter la sortie du dernier film Harry Potter, j’ai décidé de publier les photos de ma dernière excursion écossaise en date, un voyage à bord du Jacobite, le fameux train à vapeur qu’on voit dans le film – celui qui emmène les enfants à Hogwarts / Poudlard et qu’on voit filer sur le viaduc au-dessus du lac dans l’une des scènes les plus célèbres des films.
Mon « périple » : 14h de train en 24h – départ à 5h du matin d’Edimbourg par le « Sleeper » en provenance de Londres, arrivée à Fort William à 10h. Départ une vingtaine de minutes plus tard pour 2h de voyage jusqu’au petit village pêcheur de Mallaig pour l’escale du midi, et même chemin à l’inverse pour revenir à Edimbourg à une heure du matin, après avoir passé quelques heures à Fort William avant le train du retour.
Arrivée à la gare de Fort William, la célèbre locomotive attire l’admiration des curieux. Le temps de prendre quelques photos et de m’installer dans mon wagon et le signal du départ retentit.
La mignonne s’ébranle, crache sa fumée et sifflote dans les virages. Oui, c’est désuet comme tout, mais on se laisse emporter par le charme de la nostalgie. Il y a l’odeur de la fumée, qui fait un peu tousser mais qui sent bon, et le ballotement monotone du train qui vous berce. A bord du Jacobite, le temps prend son temps, et c’est bien agréable.
Arrivée à Mallaig
Ici, se vante le "pub le plus reculé de Grande-Bretagne" (de l'île principale, s'entend bien), on accepte tout le monde: les flâneurs, les mondains, les randonneurs, les enfants, les marins d'eau douce, les musiciens, les anarchistes et même les politiciens.
Au retour de Mallaig, mes paupières se font lourdes : la nuit a été courte et, une fois réveillée, j’ai eu du mal à me rendormir dans le train jusqu’à Fort William – l’excitation du voyage, mais aussi la tentation de ne rien manquer de la vue. À quelques heures d’Edimbourg, les paysages sont déjà sauvages, magnifiques. La voie ferrée est construite en altitude et offre des vues imprenables sur le début des Highlands : on traverse au cœur des forêts de montagne, on sillonne entre les lacs en pleine nature, à hauteur des nuages, s’arrêtant à des stations qui ne semblent mener nulle part, marquées d’un simple panneau et d’une gare minuscule, à des kilomètres de la première maison ou de la première boutique, là où seuls les randonneurs s’arrêtent, armés de leurs piquets et tout emmitouflés. Sur le trajet du retour, l’environnement me paraît encore plus irréel. Pendant plus d’une heure, le train traverse au ralenti des paysages qui paraissent presque complètement vierges, hormis la voie ferrée elle-même, et qui ne sont pas sans me rappeler l’île de Skye. Pas une maison en vue, pas de route, pas de pylône électrique. Pas vraiment d’horizon non plus, tant on roule haut, puisque le train flirte avec des pics à plus de 2000m et qu’au-delà, les sommets voisins se perdent dans le brouillard. C’est la fin de journée, le soleil décline et le sommeil finit par l’emporter. Je me réveille à Edimbourg comme on se tire d’un rêve brumeux.
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