Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Scottish Adventures - Mes péripéties écossaises

Through the goggle box

4 Septembre 2010, 14:12pm

Publié par Adèle

 

Des comédies aux « dramas » en costumes d’époque en passant par les séries fantastiques, les Britanniques sont très forts en matière de programmes télés. La BBC est championne en documentaires à la fois intelligents et passionnants, des dinosaures aux œuvres d’art. Il y a une autre catégorie dans laquelle la chaîne s’impose haut la main : les séries et mini-séries. Contrairement aux séries américaines, les séries anglaises sont écrites à une ou deux mains et non par une armée de scénaristes. Cela implique aussi qu’elles sont plus courtes, entre six et huit épisodes par saison au lieu de 20 ou 25 épisodes. Et les séries britanniques peuvent se permettre de s’attaquer à  des thèmes qui ne semblent pas forcément indiqués au premier abord, comme la peinture ou les classiques littéraires.

 

 

desperate-romantics.jpg

 

L’année dernière, peu de temps après mon arrivée à Edimbourg, je découvrais une mini-série en six épisodes étrangement intitulée « Desperate Romantics ». Là, tout le monde pense à « Desperate Housewives ». Pas du tout, la série retrace en toute flamboyance l’histoire des peintres pré-Raphaélites. Cela dit, ce n’est pas si éloigné de « Desperate Housewives » qu’on pourrait le croire : avec des persos haut en couleur, des dialogues mordants et des retournements de situation à tous les coins, c’est tout sauf un documentaire pédant sur ce mouvement artistique. Les costumes d’époque sont là, la peinture aussi, c’est le 19ème siècle mais c’est plus rock’n roll que n’importe quelle série « actuelle » de base.

 

Ce qui est sympa avec la BBC, c’est qu’ils développent pour chaque programme un site internet spécialisé. Celui de « Desperate Romantics » comprend  plein de bonus sympas : en plus des traditionnels interviews des acteurs et reportages sur le tournage, on trouve aussi des liens vers des sites de galeries d’art ou sites sur le mouvement, des vidéos d’artistes qui font le lien entre l’art moderne et les œuvres des pré-Raphaélites, et même des reproductions de peintures avec commentaire audio d’un expert : http://www.bbc.co.uk/programmes/b00lvyq2

 

jekyll_1-dfb55.jpgEn 2007, la BBC avait déjà frappé fort en produisant Jekyll, une adaptation moderne de la novella de R.L Stevenson, L’étrange cas du Dr. Jekyll et de M. Hyde. Cette mini-série de six épisodes au total reprenait l’idée du double maléfique pour transposer l’histoire au 21ème siècle, l’originalité étant que cette adaptation est plus une continuation du mythe de Stevenson qu’une réécriture en soi : l’histoire originelle est intégrée à l’intrigue telle quelle. Le Dr. Jackman de la série de 2007 n’est pas la version moderne du Dr. Jekyll de l’époque victorienne, mais son descendant, hanté par le même démon, lui-même « descendant » du Hyde originel… (c’est du moins ce qu’on croit au départ… mais inutile de dévoiler toute l’intrigue !)

 

sherlock-bbc1-570x427.jpgCette année, la BBC a décidé dépoussiéré le fameux Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle. En 2009, le réalisateur américain Guy Ritchie avait déjà tenté de faire revivre le mythe en proposant sur grand écran une version modernisée du célèbre détective. Sherlock était incarné par Robert Downey Junior, et le Dr. Watson par Jude Law. En théorie, l’idée était séduisante. Sauf que. Quand on s’attaque à un classique pour le moderniser, il faut savoir oser avec élégance, comme dans le « Roméo + Juliet » de 1996, qui avait eu le culot de conserver le texte original de Shakespeare et de transposer l’action dans l’Amérique des gangs sans rien trahir de l’œuvre. Le « Sherlock Holmes » américain, qui ressemble plus à un guignol qu’à un détective charismatique, s'apparente plus à un croisement entre « Indiana Jones » et « Mission impossible » - de l’action, des explosions à tout va, des courses-poursuites, des méchants qui vous suivent, des répliques qui tuent et… ha oui, une pincée de Dr. Watson de temps à autre pour rappeler que, quand même, c’est sensé être sur Sherlock Holmes, ce film. Heureusement, les Anglais nous ont rattrapé tout ça bien proprement cette année. Ca s’appelle « Sherlock ». C’est beau, c’est bien cousu et c’est British. La première saison de cette série palpitante compte trois intrigues d’une heure trente chacune, soit un vrai petit film à chaque épisode. La transposition des intrigues dans le Londres du 21ème siècle passe comme une lettre à la poste. Les déductions méthodiques de Sherlock ont un petit côté « Les experts », la classe en plus. Benedict Cumberbatch en Sherlock apparaît comme une évidence. Il est sobre, génial, tour à tour froid et névrosé. Incroyablement moderne tout en gardant cette touche de mystère et d’élégance sans âge qui va si bien au personnage. La série se dévore comme un grand classique littéraire. Et n’est-ce pas que ce l’art cherche en permanence : réinventer les grands classiques ? Ci-dessous la bande-annonce alléchante de "Sherlock":

 


 

Là encore, côté site internet, on est gâté : comme avec « Desperate Romantics », celui de « Sherlock » joue sur l’interaction. Dans la série, Sherlock est l’auteur d’un site internet baptisé « La science de la déduction » et, 21ème siècle oblige, les traditionnelles chroniques du Dr. Watson sont devenues un blog. La BBC a eu l’idée de créer « en vrai » ces deux sites, auxquels on accède par un lien depuis le site de la série. Ils se visitent comme de véritables blogs, ce qui permet de prolonger l’histoire chez nous, comme si les personnages existaient réellement. On peut même aider Sherlock à résoudre des énigmes. Si c’est pas beau ! Jetez vous-mêmes un coup d'oeil : http://www.bbc.co.uk/programmes/b00t4pgh

 

Pourquoi, alors, les Britanniques parviennent-ils à réaliser des séries d’une telle qualité alors que, dans l’Hexagone, nous en sommes encore à subir « Plus belle la vie » ? Sans doute parce que la série télé actuelle trouve certainement ses racines dans les pièces d’Oscar Wilde. Les véritables descendantes des comédies de Wilde, avec ses répliques mémorables, ses quiproquos et ses coups d’éclats, sont probablement les sitcoms plus que les pièces de théâtre actuelles. Et forcément, avec Oscar dans leur patrimoine, nos amis d’outre-Manche démarraient avec une longue d’avance…

 

Du coup, je ne vais presque plus au cinéma. Le petit écran britannique est assez grand pour moi.

Commenter cet article

Genco 27/10/2010 12:36


J'ai adoré cette nouvelle vision d'un Sherlock Holmes dès temps modernes ....

Une série avec beaucoup d'humour ...


Pacific Sushi 03/10/2010 14:00


Moi sur la BBC j'aime Top Gear :)


NUT 07/09/2010 17:03


Toujours aussi agréable de te lire! J'adore tes critiques (et je suis d'accord sur Roméo + Juliette) .
Par contre je ne vais pas suivre les liens malgré l'attraction qu'ils m'inspirent, car je doute des capacités en anglais. Biz


NUT 07/09/2010 16:54


Quoi? j'ai regardé hier soir et les flux rss n'indiquaient pas de nouveauté! en tout cas j'ai grillé Claire!
bon je retourne lire l'article maintenant. Note à Marion : es-tu celle que je pense?


Marion 06/09/2010 19:32


Oui, y'a du relâchement du côté des commentateurs... ;)