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Scottish Adventures - Mes péripéties écossaises

Sometimes I feel like a secret agent… (mercredi 2 décembre)

7 Décembre 2009, 22:44pm

Publié par Adèle

 

« Hubert, j’ai une mission pour vous. Il nous faut un expert du monde arabo-musulman.

- Arabo… ???

-…musulman. Vous prenez l’avion dès demain.

- Bien sûr.

- Oh, et au passage, pensez à ramener la paix sur le territoire, faire cesser les trafics… Bref sécurisez le proche-Orient.

- Pas de problème. »

 

Ça, c’est Hubert Bonisseur de la Bath – alias le célèbre OSS 117. Et maintenant la version Adèle.

 

« Adèle, il nous faut un interprète anglais-français d’urgence… Soyez demain à 10h sonnantes à Glasgow.

- Pas de problème.

- Oh, j’allais oublier : d’ici là, arrangez-vous pour être experte en schizophrénie paranoïde…

- Schizo quoi ?

- Exactement. À demain. »

 

Bon ben, comme il paraît qu’un traducteur doit savoir tout faire… Mais résumons. Je reçois le coup de fil de l’agence la veille de la session d’interprétariat, avec pour consigne de me retrouver le lendemain matin à 10h, fin prête, dans un centre médical de Glasgow, pour y faire l’interprète d’un patient souffrant de schizophrénie paranoïde. Entre-temps, l’agence m’aura envoyé un encombrant fichier de paperasserie électronique que je dois parcourir puis remplir de façon adéquate, avant d’entamer les recherches proprement dites sur le sujet… sans l’aide de leur base de données terminologiques qui, pour l’occasion, est en rade. Tout va bien.

 

Le lendemain, après une nuit un peu agitée, le stress aidant, je me présente bien à l’avance au centre médical de Glasgow, un peu tendue quand même. C’est ma première mission d’interprétariat et je me demande à quoi m’attendre en ce qui concerne le sujet. Je patiente, je me ronge un peu les ongles, je me remémore mentalement le fruit de mes recherches… Et, au bout de quarante minutes d’attente, la nouvelle tombe : le session est annulée, le client ne s’est pas présenté. Le comble : la sœur du patient (qui avait fait la demande d’entretien avec  le personnel hospitalier) n’avait… pas été mise au courant de l’heure du rendez-vous.  Bravo l’organisation. Cela dit, je ressens un coupable sentiment de soulagement. Le stress retombe, et comme j’ai quand même fait le déplacement, l’agence d’interprétariat me remboursera les tickets de train et la première heure de travail. Il est dix heures et demie, j’ai « fini » mon travail, et finalement la journée commence ! Je suis libre de prendre le train quand je veux, je décide donc de l’occasion pour explorer Glasgow. Ca tombe bien, quelques jours auparavant j’avais justement trouvé un guide des musées gratuits de la ville… Heureux hasard.

 

La faute à un plan de ville… disons, étonnamment « créatif » dans ses proportions de rues, je me perds un peu au départ. Petit détour par Glasgow’s Green, le parc principal, et par le grand Mark & Spencer sans même acheter de nouvelle jupe (la maturité, sans doute). Je trouve un café sympa et pas cher pour le midi, puis direction l’office de tourisme. Comme je n’ai qu’une après-midi devant moi, et que les musées ferment à 17h, je décide de me limiter à la galerie d’art moderne de Glasgow (GOMA) au centre-ville. Mais avant, je m’offre le tour de Glasgow en bus touristique… Ce n’est pas ma tasse de thé, d’habitude, mais la ville s’y prête bien. L’échelle de Glasgow est bien trop grande pour pouvoir se représenter la ville simplement en l’explorant à pied. L’échelle des bâtiments en général, aussi, sera mieux appréciée depuis le deuxième étage d’un bus qu’à échelle humaine. Au bout d’une heure et demie, j’ai fait le tour (rapide, il est vrai) de la ville et ça y est, j’ai enfin la carte en tête, je vois maintenant où est quoi, et la grande ville est devenue plus familière. Au passage, je repère les endroits que j’aimerais explorer de plus près lors de ma prochaine visite.

 

Soyons honnêtes, je ne suis pas une amoureuse de Glasgow. La seule partie vraiment piétonne ressemble à un gros centre commercial clinquant et le reste a toujours l’air trop industriel. Côté charme et romantisme, Edimbourg l’emporte haut la main. Cela dit, pour les férus d’architecture, c’est sûrement une ville idéale. Tous les styles se côtoient, l’architecture classique est majestueuse, imposante, les bâtiments modernes sont audacieux et en général sympas à regarder. Côté art, les deux villes sont bien dotées en galeries et cours de peinture (Glasgow étant peut-être un peu plus axée art moderne, et Edimbourg un peu plus traditionnelle).

 

Je visite ensuite GOMA, qui me déçoit un peu. Le bâtiment en jette mais il y a finalement peu à voir, ou alors ce n’est pas à mon goût. Je n’y passe qu’un peu plus d’une demi-heure. Je compense ensuite ma frustration artistique avec un gros gâteau à l’orange (toutes les excuses sont bonnes). Puis retour à Edimbourg – home, sweet home…

 

Bilan financier de la journée : billets de train remboursés + 20£ pour le manque à gagner + visites gratuites des galeries d’art – MOINS - 10£ de bus touristique + 4£ pour le repas du midi + 5£ de café-gâteau = une journée de visite tous frais payés à Glasgow + un profit d’1£ symbolique. Merci, Global Languages

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Seb 09/12/2009 19:30


J'aurais quand même été bien curieux de te voir confrontée à une épreuve aussi incongrue (et non c'est même pas du sadisme).

A quand la mission d'interprète de procès d'assise ?


NUT 08/12/2009 20:51


bon ben grillé par Claire (ça se payera!)
bravo pour ces textes tjs si fluides et intéressants à lire. L'humour et la finesse de l'esprit me font dire que c'est vraiment ton domaine l'écriture.
Excellente cette histoire sinon. kenavo


Fiona 08/12/2009 12:51


Hello la miss! Moi la dernière cata en date c'est qu'il se sont trompés de combinaison linguistique et tout à coup je me retrouvait à faire allemand-anglais en simultané (heureusement que c'était
du non-profit, parce que c'était pas top, mais ça, c'était pas de ma faute). Ils sont rigolos ces gens. Contente que tu aies pu transformer l'expérience en quelque chose d'agréable :-) Biz biz


Adèle 08/12/2009 20:55


Ah oui et l'autre truc que j'ai pas dit, c'est que quand je suis arrivée, on était DEUX interprètes françaises... Et après nous avoir dit que le client ne viendrait pas, le gars de la clinique nous
regarde, relit ses fiches... et il nous fait : "Mais alors, laquelle de vous deux parle Swahili ?" En gros, même le client s'était pointé, on aurait eu un problème... Ah la bonne blague, ces
agences ont vraiment le sens de l'humour.


claire 08/12/2009 00:17


euh, non deuxième cette fois ci! même à une minute près ça vaut bien un second com! Bisous!


claire 08/12/2009 00:13


Glasgow à 7 pour la demoiselle (trop d'Urgences tue le cerveau).

ps: toujours la première sur les coms! Merci Facebook!