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Scottish Adventures - Mes péripéties écossaises

Les Experts : Edimbourg

30 Mars 2012, 23:06pm

Publié par Adèle

 

Leçon n°4 : La recette de l'ADN

 

 

Bon, comme vous avez été sages la dernière fois, je vous propose de rejouer avec la nourriture pour notre dernière leçon de médecine légale. Et encore, je vous ai épargné certaines expériences. Lors du cours sur les analyses dentaires, on a tous obligeamment planté nos dents dans du cheddar bas de gamme pour observer l’empreinte de nos mâchoires (vous saviez, vous, qu’on peut repérer les fausses dents rien qu’à l’aspect de l’incision ?), et puis, sans transition, on a fait la même chose dans du Cadbury pour comparer les deux. Ah oui, et lors du cours sur l’analyse des taches de sang, on nous a aussi appris à reproduire la consistance du sang avec de la gravy (cette sauce brune à base de jus de viande qu’on sert avec les rôtis ou sur les frites) pour étudier l’aspect des taches selon les mouvements... Toujours faim ? Parfait ! Alors enchaînons.


Pour créer de l’ADN, il vous faut :

- des bonbons mous d’au moins quatre couleurs différentes

- deux barres de réglisse

-  un enthousiasme délirant pour les expériences pseudo-scientifiques

- des cure-dents

 

Résumé des épisodes précédents : l’ADN, tout le monde connaît plus ou moins, c’est la carte d’identité génétique qui nous rend unique. Ça ressemble à une grosse barrette torsadée au milieu de laquelle s’enchaînent des séries de paires de bases azotées : la thymine est toujours associée à l’adénine, et la cytosine à la guanine.


 

representation-ADN.gif

Il y a de l’ADN partout dans notre système, dont une bonne partie est dormant, parce que les organes ne prélèvent que la portion qui les intéresse pour leur fonction spécifique. « Si j’entre dans une gigantesque épicerie, explique la prof, je ne vais acheter que les ingrédients qui m’intéressent selon ce que je recherche : si je travaille dans un restaurant indien, par exemple, je vais acheter plusieurs types d’épices pour faire des currys, mais ne pas acheter de sauce de soja, et si je travaille dans un restaurant italien, je vais acheter des pâtes, de la sauce tomate, de la pâte à pizza mais pas de couscous, par exemple. » Ah ben voilà, moi quand on m’explique la science avec des concepts qui me parlent, ça va tout de suite mieux.


Passons à l’étape pratique ! Prenez une bonne quantité de bonbons de quatre couleurs puis piochez-en quatre au hasard. Imaginons que le bonbon blanc, c’est l’adénine, le rose foncé, c’est la thymine, le rose pâle c’est la cytosine, et le orange, la guanine. On sait donc que le bonbon blanc ne peut être suivi que par un bonbon rose foncé, et inversement, tandis que le bonbon rose pâle ne peut être associé qu’au orange.


Alignez les quatre bonbons prélevés au hasard les uns sous les autres (dans l’ordre où vous les avez piochés) puis accolez-leur le bonbon de couleur qui correspond à leur paire. Une fois que c’est fait, enfilez des cure-dents à travers les paires puis, perpendiculairement, placez les deux réglisses pour figurer les deux brins d’ADN. Vous devez obtenir quelque chose comme ça :

 

SDC16109.JPG

 

Si, dans un groupe de 15 personnes, tout le monde pioche une « séquence ADN » au hasard et qu’on demande à ceux qui ont pioché un bonbon blanc en premier de se lever, comme moi, statistiquement un quart du groupe sera concerné. Si on demande qui a pioché un bonbon blanc en premier puis en deuxième un bonbon rose pâle, il y aura moins de monde. Et, si on demande qui a pioché d’abord un bonbon blanc, puis un bonbon rose pâle puis un bonbon rose foncé, je risque de me retrouver toute seule.


On pourrait prolonger l'exercice à l’infini en continuant à piocher des bonbons au hasard et, forcément, plus on avance, moins il y a de chances que quelqu’un d’autre pioche exactement la même séquence que vous, dans le même ordre. Conclusion, en comparant assez de séquences successives de deux échantillons, on peut déterminer s’il s’agit d’une seule et même personne.


L’ADN, à quoi ça sert en médecine légale ? Les séries policières donnent souvent l’impression que c’est la formule magique qui sert à envoyer les malfrats à l’ombre une fois pour toutes. Sauf que le sacro-saint ADN n’est pas toujours aussi fiable qu’on le croit : d’abord, contrairement à ce qu’on voit dans Les Experts, le criminel n’a pas toujours la bonne idée de laisser une belle trace ADN bien fraîche et bien complète. Souvent, l’échantillon peut être fragmenté, détérioré... Et surtout, si on n’a pas déjà une empreinte ADN à laquelle comparer l’échantillon (donc un suspect déjà en vue, un membre de la famille sous la main, ou bien qu’il s’agit d’une personne déjà fichée), tout seul, il ne sert à pas grand-chose.


Enfin, on manque encore de recul sur l’ADN pour être absolument certain de sa fiabilité. Avoir le même ADN que quelqu’un d’autre, c’est hautement improbable statistiquement, mais pas impossible en soi...


Ah oui, et si votre ADN est retrouvé partout sur une scène de crime mais que vous avez un vrai jumeau ou une vraie jumelle, vous pouvez tout lui mettre sur le dos : concrètement, on sera incapable de prouver que c’est VOTRE ADN et pas celui de votre frangin. Petit veinard va.


La leçon est finie ! Vous pouvez déguster votre barrette d’ADN.


 

 

 

 

 

 

.................................Et sinon, l’ADN, ça sert aussi à ressusciter des dinosaures.

 


 

trex.jpg


Commenter cet article

NUT 01/04/2012 20:47

Génial!j'adore la science avec toi! et ça donne faim en plus

je mourrai moins bête.

Adèle 01/04/2012 21:11



Merci Xavier ! Ca m'a surtout donné une excuse pour acheter des bonbons ^^


Perso, dès qu'on m'explique la science avec quelque chose qui se mange, ça passe tout de suite mieux !